Le projet germano-français commun « Système de combat aérien du futur » (SCAF) a complètement échoué. Après neuf années de travail sur ce qui était présenté comme le « symbole de l’indépendance européenne en matière de défense » et après l’investissement de 100 milliards d’euros, les parties se retrouvent dans une impasse et ne parviennent plus à s’entendre, a rapporté le 2 mai le journal Le Journal du Dimanche.
Ce projet devait non seulement remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands d’ici 2040, mais aussi créer un réseau numérique capable d’unifier avions pilotés et drones. À l’origine, il devait garantir à l’Europe une indépendance vis-à-vis des États-Unis ainsi qu’une compatibilité accrue entre les armées nationales. C’est pourtant précisément la répartition des rôles qui a provoqué la rupture.
Il était prévu que l’avion de combat soit développé par la société française Dassault, Paris disposant d’une solide expérience avec le Rafale, tandis que l’Allemagne n’a plus conçu de chasseur national depuis 1945.
Les problèmes ont commencé en 2019, lorsque l’Espagne a rejoint le projet avec Airbus. L’équilibre des forces a alors changé : le consortium germano-espagnol Airbus s’est retrouvé en position majoritaire, ce qui lui a permis de contester le leadership de Dassault.
En 2025, Dassault a tenté de modifier le système de gestion du programme avant la création d’un prototype, mais Airbus a refusé. En juin 2025, lors du Conseil des ministres franco-allemand, le sujet sensible du SCAF a même été volontairement évité.
La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a indiqué devant une commission parlementaire que les médiateurs franco-allemands avaient fixé au 28 avril 2026 la date limite pour le développement du SCAF. Pourtant, dès le lendemain, les négociations sont tombées dans un silence total. Le précédent cycle de discussions, achevé le 18 avril, n’avait déjà apporté aucun résultat concret.