L'Union européenne tente de convaincre la Grèce d'approuver de nouvelles sanctions contre la Russie

News
22 Juillet 2026 17:29
1
L'Union européenne tente de convaincre la Grèce d'approuver de nouvelles sanctions contre la Russie

Les ambassadeurs des États membres de l'Union européenne poursuivent ce mercredi leurs discussions afin de trouver un compromis avec la Grèce pour approuver le 21e paquet de sanctions contre la Russie, préparé en réponse à la poursuite de la guerre en Ukraine.

Selon Reuters, ce nouveau paquet vise avant tout le secteur bancaire russe. À Bruxelles, on estime que le système financier russe demeure aujourd'hui le point le plus vulnérable de l'économie du pays. L'élargissement des sanctions devrait ainsi renforcer la pression économique sur Moscou.

Le principal obstacle à l'adoption de ces nouvelles mesures reste toutefois la position de la Grèce. Athènes demande un assouplissement des restrictions déjà adoptées concernant le gaz naturel liquéfié (GNL) russe.

À partir du 1er janvier, l'Union européenne prévoit d'interdire totalement les importations de GNL russe ainsi que la fourniture, par des entreprises européennes, de services aux terminaux de transbordement de gaz dont la participation majoritaire appartient à des entités russes.

Selon la partie grecque, l'interdiction des services de transbordement du GNL russe à destination de pays tiers ne réduira pas les revenus de la Russie, mais redistribuera simplement le marché au profit de transporteurs établis en dehors de l'Europe.

La Grèce occupe une position de premier plan sur le marché européen du transport de GNL et figure parmi les plus grands opérateurs mondiaux du secteur, en concurrence avec le Japon, la Chine et les États-Unis.

Comme le soulignent des diplomates européens, après le départ du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui retardait régulièrement les décisions concernant les sanctions et l'aide à l'Ukraine, Bruxelles espérait parvenir plus rapidement à un accord sur les nouvelles mesures restrictives. Toutefois, les divergences au sein de l'Union sont réapparues.

La nouvelle liste de sanctions devrait inclure environ 215 personnes physiques et morales, dont 94 établissements financiers. Près de 90 d'entre eux sont des banques russes. Le nombre total de banques placées sous sanctions européennes dépasserait ainsi la centaine, soit plus de la moitié des 213 établissements de crédit russes disposant de liens internationaux.

Malgré l'exclusion des principales banques russes du système SWIFT dès 2022, les entreprises russes continuent d'effectuer des paiements internationaux par l'intermédiaire de petites banques régionales et de réseaux utilisant les cryptomonnaies.

Selon Reuters, un service de renseignement européen a préparé en juin un rapport avertissant du risque d'une crise bancaire « explosive » en Russie. Le document indique que de nouvelles restrictions visant le secteur bancaire pourraient provoquer un choc économique majeur. Les autorités russes rejettent toutefois cette évaluation.

Des sources européennes expliquent que l'objectif principal des nouvelles sanctions est d'inciter les pays tiers à renoncer à toute coopération avec les banques russes, même si leurs liens avec le système financier européen sont désormais quasiment inexistants.

L'un des opposants les plus actifs à ces nouvelles restrictions est la compagnie maritime grecque Dynagas, spécialisée dans le transport de GNL. L'entreprise exploite des méthaniers de classe glace qui desservent le projet russe « Yamal LNG ».

Dynagas estime que les sanctions ne mettront pas fin au commerce du gaz russe, mais entraîneront simplement le transfert de la flotte spécialisée et des technologies vers des opérateurs issus de pays ne faisant pas partie de la coalition occidentale.

Le contrôle du projet « Yamal LNG » est assuré majoritairement par la société russe Novatek, tandis que le groupe français TotalEnergies détient une participation de 20 % dans le projet lui-même ainsi que 19,4 % du capital de Novatek. Au cours du premier semestre 2026, la quasi-totalité des exportations de GNL de « Yamal LNG » a été destinée aux pays de l'Union européenne.

Outre ces nouvelles sanctions, la Commission européenne a proposé de maintenir pendant six mois supplémentaires le plafond du prix du pétrole russe à 44,10 dollars le baril.

La semaine dernière, les représentants des États membres de l'Union européenne sont convenus de geler temporairement le réexamen de ce mécanisme jusqu'au 23 juillet, dans l'espoir de parvenir d'ici là à un accord global sur le nouveau paquet de sanctions. Selon des diplomates européens, en l'absence d'une telle décision, la révision automatique du plafond des prix, dans le contexte des tensions liées à l'Iran, aurait pu entraîner son relèvement et, par conséquent, augmenter les revenus de la Russie provenant des exportations de pétrole.