La Suisse se prépare à une révision radicale de sa politique migratoire: le Conseil national, lors d’une session extraordinaire consacrée à la sécurité, a soutenu plusieurs initiatives parlementaires visant à renforcer le contrôle du système d’asile. Le gouvernement a été chargé d’élaborer une stratégie qui limiterait le regroupement familial, réduirait les dépenses et accélérerait les procédures d’expulsion. La Suisse deviendra-t-elle moins accueillante pour ceux qui fuient la guerre et les persécutions?
C’est ce qu’écrit swissinfo. Les deux chambres du Parlement suisse, le Conseil des États et le Conseil national, ont soutenu des initiatives parlementaires visant à réformer le système d’asile. Le principal constat des législateurs est que la stratégie gouvernementale actuelle Asylstrategie 2027 « n’est pas une véritable stratégie » et nécessite une révision en profondeur.
L’initiative a été déposée par le groupe parlementaire de l’Union démocratique du centre (UDC), la force politique la plus à droite du pays. Elle exige que le gouvernement élabore un concept prévoyant une réduction significative du nombre de demandes d’asile et des dépenses publiques associées, une limitation du droit au regroupement familial, une accélération des procédures d’examen des demandes et des recours, ainsi qu’une augmentation du nombre d’expulsions. Un accent particulier est également mis sur la criminalité parmi les demandeurs d’asile et sur la nécessité de la contenir.
Cela signifie que le nombre de personnes pouvant obtenir avec succès l’asile devrait diminuer.
Parmi les initiatives approuvées figure également une proposition de l’UDC concernant les demandeurs d’asile agressifs: elle prévoit pour eux une interdiction de quitter les centres fédéraux pendant dix jours, voire une détention préventive.
Le parti des Verts libéraux (PVL) a obtenu le soutien de son initiative visant à simplifier les procédures administratives et judiciaires concernant les migrants en situation irrégulière récidivistes. Le groupe parlementaire du Centre a fait approuver l’idée de faire supporter aux organisateurs les coûts liés à la sécurité lors des manifestations. Les sociaux-démocrates (PS) ont réussi à faire adopter une initiative visant à protéger les victimes de violences de genre sans statut de séjour régularisé.
Formellement, les décisions adoptées doivent encore être approuvées par la seconde chambre, mais cela est considéré comme une simple formalité technique. Ainsi, la législation suisse en matière d’asile pourrait connaître dans un avenir proche les changements les plus importants de ces dernières années. Il convient de rappeler qu’un référendum aura également lieu dans le pays le 14 juin 2026, au cours duquel deux initiatives nationales liées à la migration seront soumises au vote.