La canicule a porté cinq coups à l’économie européenne

News
15 Août 2026 14:40
1
La canicule a porté cinq coups à l’économie européenne

Au cours de l’été 2026, les températures record ont nui à l’économie européenne de cinq manières différentes, rapporte Bloomberg.

Premièrement, la navigation fluviale est fortement touchée. Le Rhin relie Rotterdam, aux Pays-Bas, le port le plus fréquenté d’Europe, aux grands centres industriels allemands. Sur ses rives se trouvent les usines de grandes entreprises telles que BASF SE, Daimler, Shell Plc et Thyssenkrupp. Des produits chimiques, des produits pétroliers, des céréales et de nombreuses autres marchandises sont transportés par barges sur le Rhin. Cependant, en raison de la baisse du niveau de l’eau, les navires sont contraints soit de réduire leur capacité de chargement, soit de suspendre leurs trajets. Certaines usines ont réduit leur production, car le transport ferroviaire et routier ne parvient pas à absorber l’ensemble du trafic. Si le niveau du Rhin reste extrêmement bas jusqu’à la mi-septembre, cela pourrait retrancher environ 0,35 point de pourcentage au PIB allemand au troisième trimestre.

Deuxièmement, la chaleur affecte les récoltes et l’élevage. Cette situation frappe les agriculteurs, qui doivent déjà faire face à la hausse des prix des engrais et du carburant en raison de la crise iranienne. En juin, les producteurs européens de céréales ont perdu environ deux milliards d’euros. En France, les autorités et les agriculteurs se préparent à la plus faible récolte de maïs depuis 1980.

Troisièmement, les réservoirs des centrales hydroélectriques s’épuisent. Dans le sud de la Norvège, le niveau de l’eau est tombé à son plus bas niveau depuis dix ans. Les réserves hydroélectriques ont également diminué en France, en Italie et en Suisse. En 2025, l’hydroélectricité représentait environ 6 % de la production énergétique. Mais faute d’eau, la production d’électricité des centrales hydroélectriques européennes a reculé.

Le quatrième problème concerne les centrales nucléaires, car la chaleur a rendu l’eau des rivières trop chaude pour assurer correctement le refroidissement des réacteurs. En juin et juillet, la France a enregistré des pertes record de production électrique dans ses réacteurs en raison de la surchauffe. En outre, la hausse des températures a favorisé une prolifération de méduses dans les cours d’eau français. Aspirées dans les systèmes de refroidissement, elles obligent les énergéticiens à arrêter certains réacteurs. La baisse du niveau du Danube a contraint la Roumanie à fermer sa seule centrale nucléaire. En Hongrie, trois des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Paks ont été mis à l’arrêt.

Enfin, le cinquième problème tient au fait que la chaleur persistante et la sécheresse ont créé des conditions idéales pour les incendies de forêt, qui ont entraîné l’évacuation de centaines de milliers de personnes. Depuis le début de l’année, plus de 5 500 kilomètres carrés de terres ont brûlé dans l’Union européenne.