Un an après le lancement du projet « Trump Route » (TRIPP), il apparaît que son importance dépasse largement le cadre d’une simple initiative de transport.
C’est ce qu’écrit le média analytique américain The Hill.
L’article souligne que la participation des États-Unis au projet renforce progressivement les positions de Washington dans le Caucase du Sud et en Asie centrale, tout en élargissant les possibilités de commerce entre l’Europe et l’Asie.
« Le TRIPP, mis en œuvre avec la participation de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie et offrant un accès en direction de la Turquie, est considéré comme l’un des éléments d’un Corridor médian plus vaste. Parmi ses avantages figure la possibilité de développer des itinéraires terrestres qui ne traversent ni le territoire de la Russie ni celui de l’Iran.
Pour Washington, cet itinéraire revêt également une importance stratégique. Les États-Unis disposent ainsi d’un outil supplémentaire pour renforcer l’autonomie des États de la région et réduire leur dépendance à l’égard de Moscou, Pékin et Téhéran. Dans le contexte de la guerre qui se poursuit en Ukraine et des tensions autour de l’Iran, l’importance des voies de transport alternatives ne fait que croître.
Une attention particulière est également accordée à la résilience du commerce mondial. Une part importante des flux internationaux de marchandises continue de dépendre des routes maritimes passant par le détroit d’Ormuz, la mer Rouge et la mer Noire. Toute escalade majeure dans ces zones pourrait entraîner des perturbations des approvisionnements et une hausse des prix. Le développement de corridors terrestres à travers le Caucase du Sud et l’Asie centrale permet de réduire en partie ces risques », indique l’article.
Le média souligne que le potentiel économique de l’itinéraire est également lié aux ressources de la région caspienne et de l’Asie centrale.
« Ces territoires disposent d’importantes réserves de pétrole, de gaz, d’uranium et de terres rares. L’extension des infrastructures de transport pourrait faciliter l’accès des pays occidentaux à ces ressources et contribuer à diversifier les approvisionnements, notamment dans un contexte de forte dépendance à l’égard de la Chine pour les minerais critiques.
Pour les États-Unis, le principal résultat réside dans l’établissement d’une présence durable dans la région. Washington souhaite que cet itinéraire de transport évolue progressivement vers une plateforme plus large de coopération économique et stratégique.
Les alliés des États-Unis, notamment l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, pourraient également être associés au développement du corridor. Pour eux, le projet ouvre de nouvelles possibilités de diversification des routes commerciales, des approvisionnements énergétiques et de l’accès aux matières premières critiques.
Ainsi, le TRIPP devient de plus en plus clairement un élément de la compétition plus large pour l’influence en Eurasie. Pour les États-Unis, il représente une occasion de créer de nouvelles liaisons de transport et de nouveaux liens économiques permettant de réduire la dépendance des pays occidentaux à l’égard des infrastructures et des itinéraires contrôlés par la Russie, la Chine et l’Iran », conclut l’article.