La France aborde l’élection présidentielle de 2027 dans un état qu’il aurait été difficile d’imaginer il y a encore quelques années, même pour les observateurs les plus sceptiques de la politique française. Le pays demeure l’une des principales économies d’Europe, une puissance nucléaire, un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et l’un des centres de décision de l’Union européenne.
Mais derrière cet éclat extérieur apparaît de plus en plus nettement une réalité extrêmement préoccupante : les finances publiques subissent une pression colossale, le système politique devient toujours plus polarisé et la marge de manœuvre du prochain président se réduit rapidement. Ce n’est pas un hasard si l’ancien Premier ministre François Bayrou, commentant la situation, a de fait mis en garde contre une combinaison sans précédent de crise financière et politique.
Sa déclaration selon laquelle les recettes de l’impôt sur le revenu pourraient ne même pas suffire à couvrir les intérêts de la dette publique paraît particulièrement alarmante au regard des estimations officielles des institutions européennes. Oui, les chiffres sont réellement mauvais. La Commission européenne prévoit que la dette publique française passera d’environ 115,6 % du PIB en 2025 à 118,1 % en 2026, puis à plus de 120 % en 2027. Dans le même temps, selon les prévisions de printemps de la Commission, le déficit budgétaire atteindra 5,1 % du PIB en 2026 et pourrait grimper à 5,7 % en 2027.
Selon les estimations de la Commission européenne, le coût du service de la dette atteindra 2,8 % du PIB en 2027. Le gouvernement français prévoit déjà que les seules charges d’intérêts sur la dette passeront de 64,8 milliards d’euros en 2026 à 74,2 milliards en 2027. Autrement dit, François Bayrou ne parle pas d’une catastrophe imaginaire, mais d’un problème bien réel, déjà reflété dans les calculs de l’État. Une question se pose alors naturellement : comment la France en est-elle arrivée là ?
La réponse est en grande partie liée à la période de la présidence d’Emmanuel Macron. Il est arrivé au pouvoir en 2017 en se présentant comme un homme politique d’un nouveau type et promettait de dépasser l’opposition traditionnelle entre la gauche et la droite, de moderniser l’économie française, de renforcer le projet européen et de rendre à la France son statut de centre autonome de la politique mondiale. Mais au final, la France a eu un président qui n’a cessé d’afficher de vastes ambitions géopolitiques sans parvenir, sur le plan intérieur, à résoudre le problème fondamental : le décalage entre l’ampleur des engagements de l’État et ses capacités financières réelles.
Le dernier rapport gouvernemental met lui aussi en garde : si rien de fondamental ne change, le déficit pourrait approcher 7 % du PIB d’ici 2030, tandis que la dette publique pourrait dépasser 130 % du PIB. Les charges d’intérêts annuelles pourraient alors atteindre 124 milliards d’euros. Les auteurs de cette évaluation estiment que des ajustements budgétaires de grande ampleur seront nécessaires pour stabiliser la dette. Mais Emmanuel Macron n’aura déjà plus à s’en soucier : il aura quitté la scène politique.
Et ce ne sont pas là ses seuls échecs. Emmanuel Macron cherchait à positionner Paris comme un centre de puissance autonome. Dans le même temps, la France tentait de préserver son influence en Afrique. C’est précisément là que la principale contradiction de la politique macronienne s’est manifestée avec le plus de force. La France voulait conserver des ambitions mondiales correspondant au statut d’une grande puissance, alors que la base économique nécessaire à de telles ambitions devenait de plus en plus limitée.
Cette contradiction s’est révélée particulièrement douloureuse en Afrique, où Paris a progressivement perdu du terrain. L’influence française s’est affaiblie dans tout un groupe de pays du Sahel. Les liens politiques traditionnels se sont désagrégés. Et cela s’est produit sur fond de crise de plus en plus évidente du modèle même de présence française dans ses anciennes possessions coloniales.
Il existe également un autre sujet dont on préfère parler avec beaucoup plus de prudence en France. Il s’agit des territoires dits d’outre-mer. La France reste encore aujourd’hui un État possédant des territoires dans différentes parties du monde, des Caraïbes jusqu’aux océans Pacifique et Indien. Mais une question se pose : dans quelle mesure la situation dans laquelle une puissance européenne continue de conserver des territoires aux quatre coins de la planète tout en revendiquant un rôle particulier dans la politique mondiale correspond-elle aux réalités du XXIe siècle ? D’autant plus lorsque les habitants de ces territoires expriment périodiquement leur mécontentement face à la situation économique, à la politique sociale et à l’attitude de Paris.
Comme on peut le constater, tout prochain président français sera contraint de faire ce que les responsables politiques aiment généralement éviter devant les électeurs : réduire les dépenses, limiter les engagements sociaux, augmenter les impôts ou combiner toutes ces mesures à la fois. Et cela devra être fait par une personne qui remportera l’élection dans un contexte de très forte irritation sociale. C’est précisément pour cette raison que les problèmes de la France ne disparaîtront pas avec le départ de Macron. Il ne laissera pas à son successeur une page blanche, mais une facture énorme.
Dans ce contexte, il est particulièrement intéressant de se tourner vers l’Azerbaïdjan. Bien entendu, il est impossible de comparer directement les deux pays en termes de taille de l’économie, de population ou de structure économique. En revanche, il est possible de comparer leur logique de gouvernance. Ces dernières années, l’Azerbaïdjan mène simultanément plusieurs projets qui représentent pour tout État une charge financière colossale. Notre pays reconstruit les territoires libérés, bâtit de nouvelles villes et de nouveaux villages, construit des routes, des voies ferrées et des aéroports, développe les infrastructures énergétiques, crée de nouvelles zones industrielles et investit en parallèle dans la sécurité énergétique tout en augmentant la production d’énergie renouvelable.
Et malgré cela, notre pays conserve d’importantes réserves financières. Dès 2025, en définissant les objectifs de la prochaine étape du développement, le président Ilham Aliyev avait directement lié la stabilité de l’économie à la diversification, aux investissements, au développement des entreprises, à l’élargissement de l’accès aux marchés mondiaux et à la constitution d’importantes réserves financières. Tous ces objectifs ont été atteints. Dans le même temps, les réserves de change et d’or de l’Azerbaïdjan augmentent, tandis que la dette extérieure de notre pays diminue.
C’est précisément ici que se situe la frontière fondamentale entre les deux modèles. La France augmente simultanément sa dette et le coût de son service. L’Azerbaïdjan, tout en réalisant des investissements publics de grande ampleur, conserve un volume considérable de réserves stratégiques et réduit sa dette extérieure. C’est un point d’une importance capitale. Car la stratégie d’un État ne se mesure pas à de belles déclarations, mais à sa capacité à résoudre simultanément plusieurs tâches. Grâce à la stratégie du président de notre pays, Ilham Aliyev, l’Azerbaïdjan y parvient avec succès.