Il suffit parfois d’observer la réaction de l’autre camp pour évaluer l’efficacité du travail d’information mené à l’étranger. L’exposition organisée par des Azerbaïdjanais en plein centre de Prague a manifestement atteint son objectif : deux semaines plus tard, elle fait déjà l’objet de discussions au Parlement arménien, avec une irritation à peine dissimulée.
Rappelons tout d’abord qu’une exposition en plein air consacrée au patrimoine historique et culturel de l’Azerbaïdjan occidental et du Karabakh s’est tenue sur la place de la Vieille-Ville, au cœur de la capitale tchèque.
L’événement a été organisé avec le soutien du Comité d’État de l’Azerbaïdjan chargé des relations avec la diaspora, à l’initiative de Farid Amiraliyev, coordinateur pour la République tchèque du Conseil de coordination des Azerbaïdjanais d’Europe de l’Est et fondateur de l’association Land of Fire.
À en juger par la réaction de l’opposition arménienne, l’événement a atteint son but.
La députée d’opposition à l’Assemblée nationale arménienne Lilit Galstyan a déclaré que l’exposition présentait des photographies historiques illustrant la présence historique des Azerbaïdjanais au Karabakh et en Arménie.
Galstyan s’est montrée particulièrement mécontente de la promotion du thème de l’Azerbaïdjan occidental directement dans l’espace public européen.
La députée arménienne a de fait reconnu que la partie azerbaïdjanaise faisait connaître de plus en plus activement sa position auprès du public international et ne se limitait pas aux déclarations diplomatiques. Selon elle, ce type d’événements s’inscrit dans un travail d’information plus large mené au-delà de la région.
Galstyan a également critiqué ses propres autorités, accusant Erevan officiel de passivité sur la scène internationale. Elle a déploré que l’Azerbaïdjan fasse progresser de manière systématique ses récits historiques et politiques, tandis que la partie arménienne reste absorbée par ses conflits internes.
Sa déclaration selon laquelle le concept d’Azerbaïdjan occidental, pour reprendre ses propres termes, « est déjà arrivé sur nos terres » est également révélatrice.
Autrement dit, une simple action publique organisée au centre de Prague s’est révélée suffisamment visible pour provoquer l’hystérie de l’opposition arménienne.