Confrontée à un afflux excessif de visiteurs, la Suisse a modifié sa stratégie touristique.
Mais, selon les rapports publiés, cette démarche n’a donné aucun résultat.
Depuis deux ans, le pays des banques, des fromages et du chocolat tente de « fragmenter » et de réduire les flux touristiques concentrés dans les sites les plus célèbres de Suisse.
En 2024, l’agence nationale Switzerland Tourism a identifié dans le pays 50 destinations — sites touristiques, villes, régions et lieux — particulièrement prisées par les voyageurs, ainsi que 130 destinations moins fréquentées. Le nouveau concept élaboré devait contribuer à réduire les flux de touristes dans les lieux très médiatisés et à les augmenter dans les régions moins connues.
Un nouveau slogan touristique a alors été imaginé : « Les bons visiteurs, aux bons endroits et au bon moment ».
La déconcentration efficace des flux touristiques est devenue l’une des conditions d’obtention d’un soutien fédéral pour les organisations touristiques locales ainsi que pour la principale structure de gestion du secteur. En 2025, le gouvernement suisse a alloué plus de 60 millions de francs suisses aux activités de Switzerland Tourism.
Cependant, selon les statistiques publiées sur Blick.ch, cette stratégie n’a pas produit les résultats escomptés. Le nombre de nuitées touristiques ne montre ni une baisse de l’intérêt pour les destinations populaires, ni une hausse de la demande pour les régions moins connues.
Depuis le lancement de la campagne, le nombre de touristes visitant des lieux célèbres comme Berne et Lucerne a augmenté de 1,7 million de personnes, soit de 6 %. Dans le même temps, des destinations moins connues, comme Stein am Rhein ou le village de Mürren, n’ont soit constaté aucune hausse de la demande, soit seulement une progression insignifiante.