De l’expérience nationale à une mission globale : le rôle de l’Azerbaïdjan dans la lutte contre le colonialisme

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9 Août 2026 22:32
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De l’expérience nationale à une mission globale : le rôle de l’Azerbaïdjan dans la lutte contre le colonialisme

Aujourd’hui est célébrée la Journée internationale des peuples autochtones. C’est l’occasion de parler du patrimoine culturel et de la diversité des traditions. Car la question douloureuse du colonialisme n’a pas disparu. Elle a simplement changé de forme, tout en conservant son essence : la soumission, l’exploitation et la privation des peuples du droit de décider eux-mêmes de leur destin. Je tiens d’emblée à souligner qu’il est, pour une raison ou une autre, courant de parler du colonialisme comme d’un phénomène appartenant au passé. C’est une erreur, une illusion commode.

La réalité montre que, dans plusieurs régions du monde, notamment dans des territoires placés sous le contrôle d’États tels que la France et les Pays-Bas, les peuples autochtones continuent de faire face à des pressions systémiques, à des restrictions de leurs droits et à des tentatives d’assimilation. Certes, officiellement, ces territoires peuvent être qualifiés d’« outre-mer », d’« autonomes » ou encore d’« unités administratives spéciales ». Mais derrière ces formulations se cache une logique ancienne : le centre décide, la périphérie obéit.

Il suffit de regarder la situation en Corse. Malgré son appartenance géographique à l’Europe, l’identité corse subit depuis des décennies diverses formes de pression. La langue est progressivement marginalisée, tandis que les mouvements politiques qui soulèvent la question de l’autodétermination sont souvent soumis à de fortes pressions. Sous couvert de lutte contre le radicalisme, le droit d’un peuple à exprimer sa propre volonté se trouve en réalité limité.

La Nouvelle-Calédonie constitue un exemple encore plus révélateur. Le peuple kanak, population autochtone de l’archipel, est confronté depuis longtemps aux conséquences d’une ingénierie démographique. L’installation de populations venues de la France métropolitaine a modifié l’équilibre des forces, transformant les habitants autochtones en minorité sur leur propre terre. La question de l’avenir politique de ce peuple s’est ainsi posée avec une acuité croissante.

Les événements de mai 2024 ont tragiquement confirmé que le conflit était loin d’être résolu. Des manifestations pacifiques contre des modifications de la législation électorale ont fait des victimes. Le recours à la force, les arrestations de dirigeants et leur transfert hors du territoire n’ont fait qu’accroître la méfiance et aggraver la situation. Mais, comme il s’est avéré, ce n’était pas encore tout.

Une logique similaire peut être observée en Polynésie française. Le peuple mā’ohi, qui représente la majorité de la population, est de fait limité dans son contrôle des ressources de sa propre terre. Par ailleurs, l’héritage historique de la présence française y revêt un caractère particulièrement lourd : les essais nucléaires menés pendant des décennies ont porté atteinte à l’environnement et à la santé des populations, avec des conséquences qui se font encore sentir aujourd’hui.

Les territoires caribéens, à savoir la Guadeloupe et la Martinique, sont confrontés à une autre forme, tout aussi destructrice, des conséquences du colonialisme. La pollution massive de l’environnement par le pesticide chlordécone est devenue une catastrophe écologique touchant la grande majorité de la population. Il s’agit d’un exemple de la manière dont des intérêts économiques ont été placés au-dessus de la santé humaine.

La situation n’est guère meilleure en Guyane française, où les peuples autochtones luttent depuis des décennies pour préserver leur identité et leurs droits fonciers. Des défis analogues se posent aux habitants de Mayotte, où la vulnérabilité socio-économique se combine aux conséquences d’une longue administration extérieure. La politique d’assimilation touche également les régions européennes de la France. Les Basques et les Bretons sont depuis des années confrontés aux pressions d’un modèle étatique centralisé dans lequel le slogan « une seule nation, une seule langue » signifie de fait l’effacement de la diversité culturelle.

Et, comme on dit, la France n’est pas la seule concernée. Des processus similaires sont observés dans des territoires administrés par les Pays-Bas, d’Aruba à Saint-Martin. Un modèle économique axé sur les capitaux extérieurs et le tourisme entraîne une hausse des prix, le déplacement progressif des populations locales et la perte graduelle du contrôle sur leurs propres ressources. Telles sont les tristes réalités que Paris et Amsterdam tentent de dissimuler.

Il convient ici de souligner que, pour l’Azerbaïdjan, la question du colonialisme n’est ni une abstraction ni un simple slogan politique. Elle fait partie de notre propre histoire. Après la chute de la République démocratique d’Azerbaïdjan, notre pays s’est retrouvé sous le pouvoir de l’URSS. Ce processus n’a pas été le résultat d’un choix volontaire. Les bolcheviks ont détruit par la force l’État azerbaïdjanais indépendant et l’ont intégré à un nouvel empire. Pendant plus de sept décennies, l’Azerbaïdjan a ainsi été privé d’une pleine souveraineté politique, économique et culturelle.

C’est précisément pour cette raison que les propos tenus récemment par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev lors du Forum mondial des médias de Choucha revêtent un poids particulier. Le chef de l’État a souligné que l’Azerbaïdjan savait, de par sa propre expérience, ce que signifiait la perte de l’indépendance et quelles limitations elle imposait au développement d’un pays. Oui, seul l’effondrement de l’URSS a constitué un tournant décisif. Ce n’est qu’après avoir restauré son indépendance que l’Azerbaïdjan a pu réaliser son potentiel dans les domaines de l’économie, de la diplomatie et de la politique régionale. Ce fut une démonstration claire du fait que la souveraineté n’est pas une notion abstraite, mais le fondement même du développement.

C’est précisément cette expérience historique qui façonne aujourd’hui la position de Bakou sur la scène internationale. L’Azerbaïdjan ne se contente pas d’observer la situation dans les territoires d’outre-mer de la France et des Pays-Bas : il soulève activement cette question sur les plateformes internationales, notamment dans le cadre du Mouvement des non-alignés. Le soutien aux peuples autochtones, à leur droit à l’autodétermination et à la protection de leur identité culturelle ne constitue pas une politique circonstancielle, mais la continuation logique de son propre parcours historique.

Aujourd’hui, alors que le monde parle de plus en plus de justice et d’égalité, la question du colonialisme revient à l’ordre du jour. Mais il est bien entendu important de ne pas se limiter aux déclarations. Il faut reconnaître les problèmes, instaurer un dialogue ouvert et être prêt à entreprendre de véritables changements. À cet égard, le rôle du Groupe d’initiative de Bakou mérite une attention particulière. Ces dernières années, cette structure est devenue l’une des plateformes visibles de défense des droits des peuples vivant sous administration coloniale.

Dans le cadre de cette structure, l’Azerbaïdjan soulève de manière constante les questions de décolonisation, organise des discussions internationales, donne la parole aux représentants des territoires d’outre-mer et contribue à faire connaître leur position à un large public. De fait, Bakou agit non seulement en observateur, mais également en participant actif au processus mondial de réévaluation de l’héritage colonial.

Les actions de notre pays méritent d’être pleinement soutenues. Car les peuples qui continuent de subir les conséquences du passé colonial disposent non seulement de raisons de lutter, mais aussi d’un exemple démontrant que cette lutte peut aboutir à des résultats. C’est précisément là que réside le principal sens du 9 août. Ce n’est pas seulement une journée de mémoire. C’est aussi une journée qui rappelle que le droit à la liberté n’a pas de date d’expiration.